Plaquettes extraites de la couche leucoplaquettaire à teneur réduite en agents pathogènes

Auteurs : Isabelle Blais-Normandin, Bryan Tordon, Waseem Anani

Principal public cible : professionnels de la médecine transfusionnelle, médecins, personnel infirmier, technologues de laboratoire médical en milieu hospitalier

Cet article a pour but de vous informer sur les plaquettes mélangées traitées au psoralène (PMTP), un nouveau produit sanguin proposé par la Société canadienne du sang en janvier 2022. Il comprend des renseignements sur le processus de fabrication des PMTP et la technologie utilisée pour inactiver les agents pathogènes, ainsi qu’une comparaison des PMTP avec des plaquettes non traitées en termes de caractéristiques, d’avantages et d’inconvénients.

Introduction

Pendant le don de sang, les composants sanguins peuvent être contaminés par des bactéries présentes sur la peau des donneurs ou plus rarement dans leur circulation sanguine.1,2 Les unités de plaquettes sont davantage à risque de contamination bactérienne du fait de leur entreposage à température ambiante. De 2006 à 2016, la Société canadienne du sang a consigné des données de surveillance non publiées, qui ont révélé la survenue d’une septicémie bactérienne après transfusion de concentrés plaquettaires dans un rapport de 1:125 000.3  

Une étude pivot publiée en 2006 a souligné la nécessité d’améliorer les méthodes de surveillance pour détecter la contamination bactérienne des plaquettes. Dans cette étude, un service de transfusion d’un hôpital universitaire a mis en culture des unités de plaquettes délivrées à des patients pendant une période de 10 ans, avec données complémentaires sur la coloration de Gram, des mesures du pH et des cultures des premières 24 heures de plaquettes d’aphérèse. Des bactéries ont été détectées dans les plaquettes de donneurs aléatoires dans une proportion de 1:418 (mélange de 5 unités) et dans les plaquettes d’aphérèse 1:2 213.4 

Les auteurs ont ensuite comparé la croissance bactérienne observée après réalisation d’une transfusion avec des signes et symptômes de plaquettes contaminées par des bactéries, même lorsqu’aucune réaction transfusionnelle n’a été signalée. Ils ont établi une corrélation entre la gravité d’une réaction transfusionnelle et une concentration supérieure ou égale à 105 d’unités formatrices de colonies. Dans cette étude, 13 des 32 patients ayant reçu une transfusion de plaquettes contaminées ont présenté des réactions transfusionnelles, dont 9 réactions graves et 3 décès.

Ces résultats ont accéléré le déploiement de stratégies supplémentaires d’atténuation des risques de contamination bactérienne au sein de la Société canadienne du sang, y compris l’introduction de sacs de diversion utilisés pendant le recueil de sang total5 et l’échantillonnage de cultures bactériennes retardées en gros volume.6 La mise en œuvre d’un algorithme de détection bactérienne renforcée en gros volume a permis de diviser par trois les réactions transfusionnelles septiques signalées par les hôpitaux.6 

À la Société canadienne du sang, les plaquettes non traitées (c’est-à-dire qui n’ont pas subi une réduction des agents pathogènes) font l’objet d’un dépistage routinier pour détecter une contamination bactérienne à l’aide des méthodes de culture microbienne du système BACT/ALERT® 3D, même si de faibles niveaux d’inoculum initial peuvent entraîner une erreur d’échantillonnage ou être inférieurs au seuil de détection, même après sept jours d’incubation.6 Pour obtenir de plus amples renseignements sur les analyses bactériologiques des plaquettes, voir notre FAQ : Analyses bactériologiques des plaquettes à la Société canadienne du sang.

Malgré des avancées majeures en matière de prévention, la contamination bactérienne des composants sanguins reste supérieure au risque que représentent d’autres infections transmises par une transfusion.1 Pour garantir la sécurité de leur approvisionnement en sang, certains pays ont approuvé des technologies d’inactivation des agents pathogènes afin de pallier le risque de transmission bactérienne par l’intermédiaire des composants sanguins.1, 7 

Plaquettes avec inactivation des agents pathogènes

En décembre 2021, Santé Canada a approuvé l’utilisation de la technologie d’inactivation des agents pathogènes INTERCEPT™ de Cerus pour la fabrication des plaquettes mélangées traitées au psoralène (PMTP) à la Société canadienne du sang. Cette technologie permet de réduire davantage le risque de transmission d’agents pathogènes par transfusion en inactivant les agents pathogènes, notamment :

  • les virus (enveloppés et non enveloppés) :
    • p. ex. VIH-1, virus associé à la cellule, virus T-lymphotrope humain HTLV-I/II, virus du Nil occidental, virus Chikungunya, cytomégalovirus (CMV), virus grippal A
  • les bactéries (organismes Gram positif et Gram négatif et spirochètes) :
    • p. ex. Klebsiella pneumoniae, Escherichia coli, Staphylococcus aureus, Treponema pallidum (syphilis), Borrelia burgdorferi (maladie de Lyme)
  • les globules blancs (leucocytes) :
    • les cellules T humaines
  • les parasites protozoaires :
    • p. ex. Plasmodium falciparum, Babesia microti, Trypanosoma cruzi

Composé actif de la technologie d’inactivation des agents pathogènes INTERCEPT™ de Cerus : l’amotosalène

Mécanisme d’action

La technologie d’inactivation des agents pathogènes INTERCEPT™ utilise un composé photoréactif appelé amotosalène S-59 (amotosalène), un psoralène synthétique. Les psoralènes sont des composés qui s’intercalent au sein des acides nucléiques dans l’ADN et l’ARN des organismes et virus. L’amotosalène S-59 est intégré dans des composants plaquettaires par l’intermédiaire d’un processus particulier et est activé par l’illumination aux rayonnements ultraviolets A (UVA, 320-400 nm), ce qui entraîne une réticulation permanente entre les brins d’acides nucléiques. Ces liaisons endommagent l’ADN et l’ARN, inactivant ainsi les virus, bactéries, protozoaires et leucocytes qui pourraient contaminer les unités plaquettaires. L’amotosalène ne s’interpose pas de manière spécifique avec le matériel génomique d’un organisme particulier ou d’une séquence d’acides nucléiques définie. Il modifie tout matériel cellulaire disposant d’ADN ou d’ARN, y compris les plaquettes et globules blancs dérivés de donneurs. Néanmoins, l’inactivation du matériel génétique des plaquettes de donneurs n’altère pas l’activation ou le fonctionnement des plaquettes.

Après l’adjonction de l’amotosalène et l’illumination aux rayonnements UVA, les plaquettes sont transférées dans un sac contenant un dispositif d’adsorption du composé qui élimine les résidus d’amotosalène et ses photo-produits circulant librement. Le sac est ensuite agité pendant 6 à 16 heures. Le matériel dans le dispositif d’adsorption du composé réduit la concentration d’amotosalène de 150 µmol/l à 0,5 µmol/l post-adsorption.8 

Efficacité de l’inactivation des agents pathogènes

L’amotosalène a été étudié avec des virus enveloppés et non enveloppés, des bactéries Gram positif et Gram négatif et des parasites. La charge infectieuse est mesurée en tant que réduction logarithmique par rapport à l’inoculum dopé initial. L’efficacité est variable en fonction des pathogènes, la réduction se situant pour la plupart à un niveau supérieur à 3 log. 

Tableau 1 : Efficacité de la technologie d’inactivation INTERCEPT™ sur les virus, les bactéries et les parasites dans une solution additive pour plaquettes

Virus enveloppés Réduction logarithmique Virus non enveloppés

Réduction

logarithmique

VIH-1, acellulaire 
VIH-1, associé à la cellule
VHB
VHC
HTLV-I
HTLV-II 
Cytomégalovirus
Virus de la diarrhée virale bovine+
Virus du Nil occidental 
Virus Chikungunya
Virus grippal A
Virus SARS-CoV-2*
Virus de la dengue†
Virus de la fièvre hémorragique de Crimée-Congo+

≥5,6 
≥5,4 
≥4,8 
≥4,1 
4,7 
≥5,1 
≥4,9 
>6,0 
≥6,3 
≥5,7 
≥5,9 
>3,31 
>5,2 
2,9 

VHA+
Parvo B19+ 
Virus de la fièvre catarrhale du mouton
Adénovirus humain
Calicivirus 









 

>6,2 
5,2 
≥4,9 
2,1 









 
Bactéries Gram positif  Réduction logarithmique Bactéries Gram négatif  Réduction logarithmique 
Bacillus cereus (y compris spores)
Bacillus cereus (cellules végétatives)
Bifidobacterium adolescentis
Clostridium perfringens (cellules végétatives)
Corynebacterium minutissimum 
Listeria monocytogenes 
Proprionobacterium acnes 
Staphylococcus aureus 
Staphylococus epidermidis 
Streptococcus pyogenes 
Lactobacillus species+ 
3,7 
≥5,5 
≥6,0 
≥6,5 
≥5,3 
≥6,3 
≥6,5 
≥6,6 
≥6,4 
≥6,8 
>6,9 
Escherichia coli 
Enterobacter cloacae 
Klebsiella pneumonia 
Pseudomonas aeruginosa 
Salmonella cholerasuis 
Serratia marsescens 
Yersinia enterocolitica 




 
>6,3 
6,6 
>6,2 
≥6,7 
>6,2 
≥6,7 
>5,9 



 
Parasites  Réduction logarithmique  Spirochètes Réduction logarithmique  
Babesia microti  
Leishmania major+ 
Leishmania mexicana 
Plasmodium falciparum 
Trypanozoma cruzi 
≥4,9 
>4,3 
≥5,0 
≥6,6 
≥7,8 
Borrelia burgdorferi 
Treponema pallidum 



 
≥6,8 
≥6,4 


 

Schlenke P. Pathogen inactivation technologies for cellular blood components: an update. Transfus Med Hemother. 2014;41(4):309-325.

* Hindawi SI, El-Kafrawy SA, Hassan AM, et al. Efficient inactivation of severe acute respiratory syndrome coronavirus-2 (SARS-CoV-2) in human apheresis platelet concentrates with amotosalen and ultraviolet A light. Transfus Clin Biol. 2022;29(1):31-36. doi:10.1016/j.tracli.2021.08.005

‡ Site Web de Cerus : https://intercept-usa.com/what-is-intercept/intercept-platelets/broad-spectrum-pathogen-reduction/

 

Profil d’innocuité de l’amotosalène

La toxicité des traitements à base de psoralènes a fait l’objet d’études approfondies. L’amotosalène, l’agent d’inactivation des agents pathogènes utilisé dans le système INTERCEPT, a été évalué en termes de toxicité dans une étude de phase I/II avec des données sur des doses croissantes de plaquettes dans INTERCEPT et la mesure des concentrations d’amotosalène.9 Une marge de sécurité d’un facteur de 1000 basée sur des études animales est souvent requise avant de mener des études sur l’être humain : un facteur de 10 pour l’extrapolation de la physiologie animale à humaine, un facteur de 10 pour les variations physiologiques chez l’être humain et un dernier facteur de 10 pour détecter la variabilité de tous les critères d’évaluation toxicologiques.10 Chez les rats et les chiens, respectivement, la marge de sécurité maximale de l’amotosalène est estimée 150 000 fois et 30 000 fois plus importante que chez les êtres humains, sur la base d’une seule transfusion de plaquettes traitées par le système INTERCEPT.9 FPour mettre ces chiffres en perspective, les marges de sécurité des médicaments en vente libre sont bien inférieures, celle de l’acétaminophène étant seulement d’un facteur de 100. Les modèles murins d’exposition fœtale à de fortes concentrations d’amotosalène n’ont montré aucune anomalie de croissance.11 Par ailleurs, l’amotosalène est hydrosoluble et rapidement excrété. Par conséquent, il n’y a pas de bioaccumulation des traces du composé dans les composants sanguins.2 

Solution additive pour plaquettes

Une solution additive pour plaquettes est conçue pour remplacer une partie du plasma contenu dans les unités plaquettaires. Dans le cadre du processus de mélange de couches leucoplaquettaires et avant le traitement à l’amotosalène, une solution additive est ajoutée au mélange de plaquettes. La solution additive pour plaquettes utilisée dans le système INTERCEPT™ est la solution SSP+ de Macopharma, contenant 3,18 g de citrate de sodium dihydraté, 4,42 g d’acétate de sodium trihydraté, 1,05 g de dihydrogénophosphate de sodium dihydraté, 3,05 g de phosphate disodique anhydre, 0,37 g de chlorure de potassium, 0,30 g de chlorure de magnésium hexahydraté, 0,37 g de chlorure de sodium et 4,05 g de chlorure de sodium pour 1 000 m d’eau. La solution SSP+ est relativement inerte par rapport au plasma. Le ratio final entre la solution SSP+ et le plasma dans les PMTP est de 60 pour 40 environ.

Production de plaquettes mélangées traitées au psoralène

La production de PMTP débute par le prélèvement du sang total de donneurs dans un centre de collecte de la Société canadienne du sang. Les unités de sang total sont centrifugées pour séparer le plasma, la couche leucoplaquettaire (contenant des leucocytes et des plaquettes) et les globules rouges, à l’instar de la méthode de centrifugation utilisée pour le prélèvement des couches leucoplaquettaires de sang total (également appelée « méthode B1 »). Sept couches leucoplaquettaires — une de chaque unité de donneur — sont ensuite mélangées et la solution additive pour plaquettes est ajoutée. Le mélange de couches leucoplaquettaires est alors centrifugé et le surnageant riche en plaquettes est extrait des globules rouges restants dans les couches leucoplaquettaires via un filtre de leucoréduction préservant les plaquettes.

L’amotosalène est ajouté à l’unité plaquettaire extraite du mélange des sept couches leucoplaquettaires, laquelle est exposée à l’illumination aux rayonnements UV pour faciliter la réticulation entre les acides nucléiques résiduels dans l’unité. Un traitement unique par des rayonnements UVA peut suffisamment s’interposer entre l’ADN et l’ARN des cellules des donneurs et les agents pathogènes sur une large fourchette de concentrations. Les résidus d’amotosalène et ses photo-produits sont ensuite éliminés à l’aide d’un dispositif d’adsorption du composé. L’unité de double dose de PMTP est alors divisée en deux unités de dose unique de PMTP au moment du transfert dans des récipients de stockage.

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Figure 1 : Fabrication de PMTP à la Société canadienne du sang.
Figure 1 : Fabrication de PMTP à la Société canadienne du sang.

Caractéristiques du produit

Le volume par unité de PMTP est d’environ 184 +/- 9 ml3. En comparaison, le volume par unité de plaquettes mélangées non traitées est de 317 +/- 16 ml.12  

La concentration plaquettaire des PMTP est de 251 +/- 32 x 109 plaquettes par unité.3 Pour les plaquettes mélangées non traitées, la concentration plaquettaire moyenne est de 339 (+/- 44) x 109 plaquettes/unité.12 

Le nombre de plaquettes dans les PMTP est de 1 363 +/- 188 x 109 plaquettes/l. En comparaison, le nombre de plaquettes dans les produits de plaquettes mélangées non traitées est de 1 070 x 109 plaquettes/l.

Le nombre de globules blancs résiduels post-filtration dans une unité de double dose de PMTP est de 0,04 +/-0,06 x 106 cellules par unité, contre 0,0427 +/- 0,09 x 10cellules par unité dans un produit de plaquettes mélangées non traitées. En outre, le faible nombre de globules blancs résiduels dans les PMTP est inactivé par l’amotosalène.

Les plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes sont produites à partir de couches leucoplaquettaires de sept donneurs de sexe masculin ou féminin qui sont mélangées ensemble pour créer une unité de double dose qui est ensuite divisée en deux unités distinctes. En comparaison, les unités de plaquettes mélangées non traitées sont créées à partir de couches leucoplaquettaires provenant au maximum de trois donneuses et d’un donneur.

Bien que les PMTP soient dérivées de plus de donneurs (sept) que les plaquettes mélangées non traitées (quatre), le volume total de plasma par unité de PMTP est inférieur à une unité de plaquettes mélangées non traitées. Le rapport entre plasma et solution additive pour plaquettes dans un produit de PMTP est d’environ 40 pour 60. On s’attend à ce que le volume moyen de plasma anticipé dans un produit de PMTP soit de 75 +/- 4 ml (11 ml par donneur), contre un volume total de 327 ml dans des plaquettes mélangées non traitées (20 ml de chacune des trois donneuses et 267 ml du donneur masculin).

 

Tableau 2 : Caractéristiques des plaquettes mélangées non traitées, des plaquettes mélangées traitées au psoralène et des plaquettes d’aphérèse non traitées

Caractéristique Plaquettes mélangées non traitées Plaquettes mélangées traitées au psoralène Plaquettes d'aphérèse non traitées
Volume unitaire moyen (ml) 317  184  223 
Nombre de donneurs dans le composant  1
Volume plasmatique moyen (ml) 317 (environ 20 ml des trois donneuses + 257 ml de plasma d’un donneur masculin) 75 (environ 11 ml par donneur) 173 
Nombre de plaquettes approximatif (x 109 plaquettes par litre)
1,069  1,363  1,493 
Solution de resuspension  Plasma  Environ 60 % de solution additive pour plaquettes (PAS-E) 40 % de plasma Plasma 
Anticoagulant  CPD  CPD  ACD-A 
Dépistage bactérien effectué par la Société canadienne du sang Oui Non Oui
Délai typique entre le prélèvement de sang des donneurs et la délivrance du composant à l’hôpital Jour 3 Jour 2 Jour 3
Durée de conservation du composant (à partir du prélèvement de sang) 7 jours 5 jours 7 jours
Présence de lymphocytes viables Oui, irradiation requise pour les patients vulnérables Absence de lymphocytes viables, irradiation non requise pour les patients vulnérables  Oui, irradiation requise pour les patients vulnérables

 

Conditionnement et étiquetage 

Les PMTP sont conservées dans des poches en éthylène/acétate de vinyle perméables au gaz. Ces poches ne sont pas plastifiées au phtalate de bis(2-éthylhexyle) (DEHP); cependant, les orifices de sortie et la tubulure pour la transfusion peuvent avoir des éléments en plastique contenant du DEHP. Les unités de plaquettes peuvent également entrer en contact avec un plastifiant au DEHP pendant les processus de prélèvement du sang et de fabrication du produit.

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Figure 2 : Poches de PMTP (à gauche) et de plaquettes mélangées non traitées (à droite)
Figure 2 : Poches de PMTP (à gauche) et de plaquettes mélangées non traitées (à droite)

Les poches de PMTP sont plus grandes (31 x 18 cm) que les poches utilisées pour les plaquettes mélangées non traitées (30 x 15 cm). En plus de deux orifices de sortie pour transfusion, la poche de plaquettes mélangées non traitées vient avec des tubes en queue de cochon, dont l’un peut être utilisé pour l’échantillonnage, alors que la nouvelle poche de PMTP dispose d’un système d’échantillonnage intégré à la place du tube en queue de cochon.

Avantages

Amotosalène  

Les PMTP sont associées à de multiples avantages pour les patients par rapport aux plaquettes non traitées, entre autres une réduction de la contamination bactérienne, une baisse du risque d’infections transmises par transfusion, l’inactivation des globules blancs et la réduction du risque d’effets indésirables liés à la transfusion de plasma. Par ailleurs, sachant qu’il n’est plus nécessaire de procéder à des analyses bactériologiques avec les PMTP du fait de la réduction des agents pathogènes, ces produits sont délivrés environ 24 heures avant les plaquettes non traitées (voir la figure 3). 

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Comparison of platelet release timelines for untreated and pathogen-reduced pooled platelets
Figure 3 : Comparaison des délais de délivrance des plaquettes mélangées non traitées et à teneur réduite en agents pathogènes 

Des données probantes de Suisse viennent étayer l’innocuité et l’efficacité de la procédure d’inactivation des agents pathogènes INTERCEPT. Selon les données d’hémovigilance, aucun cas d’infection bactérienne transmise par une transfusion n’a été déclaré entre 2011 (mise en œuvre de l’inactivation des agents pathogènes) et 2016.13 À l’inverse, entre 2005 et 2011, c’est-à-dire avant la mise en œuvre de l’inactivation des agents pathogènes, il y avait eu 16 cas d’infections bactériennes liées à des transfusions. Après analyse de 19 175 transfusions de plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes réalisées dans 21 centres dans 11 pays différents, une autre étude a mis en évidence l’absence d’infections transmises par une transfusion, ce qui vient encore appuyer le profil d’innocuité des plaquettes traitées par INTERCEPT.14

L’inactivation des agents pathogènes est une mesure supplémentaire pour renforcer l’innocuité des composants plaquettaires et complète les critères de sélection des donneurs (voir le Chapitre 6 du Guide de la pratique transfusionnelle) et les épreuves prétransfusionnelles (voir le Chapitre 8 du Guide de la pratique transfusionnelle). Les tests de dépistage de maladies infectieuses continueront de faire partie du processus de sélection des donneurs sanguins de la Société canadienne du sang, mais les analyses bactériologiques effectuées avec le système BACT/ALERT® 3D ne sont en revanche plus nécessaires pour les PMTP. L’efficacité de l’inactivation des agents pathogènes par l’amotosalène est variable selon les organismes et un certain degré de protection pourrait être assuré contre des pathogènes émergents à diffusion hématogène.

L’inhibition de la réplication leucocytaire et de la production des cytokines constitue également un avantage majeur de la technologie d’inactivation des agents pathogènes INTERCEPT™ de Cerus, car elle simplifie la gestion des stocks et le processus de commande des plaquettes. Sachant que le traitement par l’amotosalène prévient la prolifération des cellules T, il n’est plus nécessaire de disposer d’unités de plaquettes irradiées pour éviter les cas de maladie du greffon contre l’hôte associée à une transfusion.15 De même, des composants sanguins négatifs au cytomégalovirus (CMV), dont le besoin était déjà limité, sont désormais inutiles, car les PMTP sont considérées comme un produit CMV-négatif.16

Certains agents pathogènes sont néanmoins résistants au traitement à base d’amotosalène : il s’agit par exemple des virus des hépatites A et E, du poliovirus, du parvovirus B19 et des prions (agent responsable de la variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob). De plus, certaines limitations de l’efficacité de cette technologie ont été évoquées.17 Bien que l’amotosalène soit ajoutée en surplus pour atteindre les réductions logarithmiques publiées pour les différents agents infectieux, il est possible que l’inactivation des agents pathogènes soit incomplète en présence d’une large charge pathogène, d’une mauvaise illumination du fait de substances interférentes ou d’une éventuelle erreur humaine pendant le traitement du sang.17 

Solution additive pour plaquettes

L’utilisation d’une solution additive pour plaquettes dilue les anticorps plasmatiques et l’anticoagulant utilisé pendant le prélèvement du sang total. La présence de la solution additive réduit également l’incidence de réactions allergiques et de réactions transfusionnelles fébriles non hémolytiques.18-20 Une analyse de sous-groupes d’une étude pédiatrique a mis en évidence un taux inférieur de réactions allergiques légères lorsqu’une solution additive pour plaquettes était ajoutée aux PMTP.19, 21 

La faible quantité de plasma dans les PMTP réduit le titrage des anticorps anti-A, anti-B et anti-AB. Cependant, la Société canadienne du sang ne peut faire valoir aucun résultat concernant les titres finaux des anticorps.

Efficacité clinique  

Les plaquettes traitées par INTERCEPT™ ont fait l’objet de transfusions sans qu’aucun cas de contamination bactérienne confirmé par une mise en culture ne soit signalé.22 Les critères d’évaluation de l’innocuité dans les essais cliniques et les données d’hémovigilance publiées n’ont fait état d’aucun changement statistiquement significatif au niveau des événements indésirables graves, y compris thromboembolie et anaphylaxie (risque relatif de 1,09 [0,88-1,35]), réactions transfusionnelles aiguës (risque relatif de 0,96 [0,75-1,24]) ou autres événements indésirables (risque relatif de 1,01 [0,97-1,05]) dans des essais cliniques et études de cohorte.14, 23 

L’innocuité et l’efficacité des PMTP ont été démontrées chez l’enfant,21, 24, 25 et le nouveau-né.26 Schulz et ses collègues ont rapporté une évaluation du contrôle de l’innocuité concernant l’utilisation des produits plaquettaires à teneur réduite en agents pathogènes chez des patients pédiatriques dans un centre de soins tertiaires entre novembre 2016 et juillet 201824. La cohorte de 1 932 transfusions de plaquettes chez 240 patients incluait 45 % de produits plaquettaires traditionnels et 55 % de produits à teneur réduite en pathogènes, les PMTP représentant en novembre 2017 la plupart des produits utilisés pour les transfusions plaquettaires. Aucune différence au niveau de l’utilisation des globules rouges et des réactions transfusionnelles n’a été signalée. Une deuxième étude d’une durée de 300 jours évaluant uniquement des transfusions de PMTP chez 191 patients âgés de moins de 18 ans n’a révélé aucune différence dans les taux de transfusions ou les événements indésirables aigus.27

Une étude de pharmacovigilance de phase IV, l’essai PIPER, a évalué les transfusions de plaquettes chez des patients atteints de cancer hématologique sur 15 sites aux États-Unis. L’étude portait sur 2 291 patients (9 % étaient âgés de moins de 18 ans) ayant reçu au total 10 767 transfusions de plaquettes. Aucune différence en termes de ventilation artificielle ou d’atteinte pulmonaire survenant pendant le traitement n’a été mise en évidence entre les deux types de transfusions plaquettaires. De même, aucune différence significative n’a été détectée s’agissant des cas de syndrome de détresse respiratoire aiguë ou d’événements indésirables.28

Inconvénients 

État réfractaire aux plaquettes chez des patients non immunisés

De nombreux essais cliniques utilisant les plaquettes INTERCEPT ont examiné des populations de patients recevant des transfusions fréquentes, notamment des patients traités en hémato-oncologie. Les études étaient hétérogènes sur le plan des types de plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes fabriquées (p. ex. plasma seulement, solution additive pour plaquettes, plaquettes mélangées, plaquettes d’aphérèse). Cependant, on a constaté de manière générale une hausse statistiquement significative des transfusions de plaquettes pour les patients qui ont reçu des plaquettes avec pathogènes réduits par rapport à ceux recevant des plaquettes non traitées, mesurée par l’augmentation de la numération plaquettaire corrigée, une heure et 24 heures après la transfusion. On pense que l’étiologie est multifactorielle et est liée à une réduction de la dose et de l’activation des plaquettes du fait du processus de fabrication.

Une méta-analyse de la base de données Cochrane évaluant cinq essais cliniques a démontré une augmentation générale du nombre moyen de transfusions de plaquettes chez les patients qui recevaient les produits à teneur réduite en agents pathogènes par rapport à ceux recevant des plaquettes non traitées. Dans l’analyse Cochrane, l’essai Kerkhoffs était considéré comme offrant les données de la plus grande qualité pour l’évaluation des plaquettes non traitées suspendues dans le plasma, des plaquettes non traitées suspendues dans la solution additive pour plasma III et des plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes suspendues dans la solution additive pour plasma III chez des patients atteints d’un cancer du sang.18

Le nombre de doses moyen était de 5 administrations de plaquettes (écart-type : 2) dans le groupe des plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes, contre 4 (écart-type : 2) dans le groupe des plaquettes non traitées.

La méta-analyse a également mis en évidence une baisse des augmentations de la numération plaquettaire pour les plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes, par rapport aux plaquettes non traitées, sur la base des deux études les plus significatives sur le plan statistique évaluant l’intervalle entre les transfusions de plaquettes chez des patients en hémato-oncologie. L’essai SPRINT qui a recruté des patients souffrant de thrombocytopénie a montré un intervalle moyen entre les transfusions de 1,9 jour (écart-type : 0,99) pour les plaquettes d’aphérèse avec solution additive à teneur réduite en agents pathogènes et de 2,3 jours (écart-type : 1,08) pour les plaquettes d’aphérèse avec solution additive non traitées. Une deuxième étude menée auprès de patients en hémato-oncologie a montré un intervalle moyen entre les transfusions de 2,03 jours (écart-type : 0,79) pour les plaquettes extraites de la couche leucoplaquettaire avec pathogènes réduits et les plaquettes d’aphérèse dans la solution additive pour plaquettes, et de 2,49 jours (écart-type : 0,82) pour les plaquettes extraites de la couche leucoplaquettaire non traitées et les plaquettes d’aphérèse suspendues dans le plasma.29 De manière générale, on pense que la baisse des augmentations de la numération plaquettaire est multifactorielle, s’expliquant par la baisse du nombre de plaquettes par unité transfusée et la hausse des marqueurs d’activation entraînant une baisse dans la circulation in vivo.30 

Selon la méta-analyse Cochrane, les augmentations plus faibles de numération plaquettaire post-transfusionnelle ont pu être compensées par des transfusions de plaquettes supplémentaires. Les transfusions supplémentaires n’ont pas entraîné d’augmentation de l’allo-immunisation anti-HLA. Par conséquent, la possible baisse des augmentations de numération plaquettaire est uniquement due à un état réfractaire aux plaquettes chez des patients non immunisés et non à un état réfractaire aux plaquettes induit par une allo-immunisation anti-HLA. Une augmentation de la numération plaquettaire plus faible que prévu peut être résolue par la transfusion d’une unité plaquettaire supplémentaire. L’augmentation de l’exposition aux donneurs du fait d’un mélange plus important de donneurs et d’un nombre éventuellement accru de transfusions n’a pas entraîné d’augmentation de l’allo-immunisation anti-HLA.23 

Hypersensibilité à l’amotosalène et activation liée à certains appareils de photothérapie

Les PMTP sont contre-indiquées chez les patients ayant des antécédents de réactions d’hypersensibilité à l’amotosalène ou à tout autre produit contenant un psoralène. Une autre contre-indication concerne les nouveau-nés traités par des appareils de photothérapie qui émettent une longueur d’onde d’énergie maximale inférieure à 425 nm ou une limite inférieure de la largeur de bande d’émission de moins de 375 nm, du fait du risque d’érythème résultant de l’interaction entre la lumière ultraviolette et l’amotosalène. Les appareils de photothérapie opérant dans la largeur de bande mentionnée ci-dessus peuvent activer les résidus d’amotosalène circulant. Chez les nouveau-nés dont le système immunitaire est en développement, il existe un risque d’inactivation des globules blancs et d’immunosuppression. Dans la cohorte de 11 patients de l’étude de Schulz, aucun nouveau cas de rash associé à l’utilisation concomitante de photothérapie et de transfusion de PMTP n’a été constaté. Les appareils de photothérapie ayant une longueur d’onde d’énergie maximale supérieure à la limite indiquée étaient recommandés.24  

Manque de résultats à long terme pour les transfusions néonatales et intra-utérines 

Depuis l’approbation des plaquettes traitées par le système INTERCEPT® à l’échelle internationale, un certain nombre d’études ont décrit l’innocuité de ces produits dans des cohortes de patients pédiatriques et de femmes enceintes. Amato et ses collaborateurs ont évalué 91 enfants (< 18 ans) et nouveau-nés (< 30 jours) sans constater aucun préjudice.31 Schulz et ses collaborateurs ont évalué des nouveau-nés en unité de soins intensifs, des nourrissons de moins d’un an ne se trouvant pas en unité néonatale de soins intensifs et des enfants âgés de 1 à 18 ans. Là encore, cette étude n’a révélé aucun préjudice pour ces patients.24 L’évaluation menée par Lasky et coll. sur 191 patients pédiatriques et néonataux ayant reçu 1 010 transfusions de plaquettes, dont 68 patients ayant uniquement reçu des plaquettes traitées par le système INTERCEPT®27, n’a mis en évidence aucune hausse des événements indésirables par rapport aux plaquettes non traitées, y compris chez les patients ayant reçu une photothérapie. Les données d’innocuité à court terme ont ainsi démontré l’innocuité, même si, pour l’heure, les données à long terme restent limitées. Il convient d’évaluer avec soin et de peser les avantages et les risques avant d’utiliser des PMTP, notamment chez les nouveau-nés ou in utero, contextes pour lesquels les données d’innocuité à long terme sont très restreintes. Les PMTP sont considérées comme une source de plaquettes possible lorsque les avantages surpassent les risques (p. ex. dans le cadre d’une crise liée à un agent pathogène émergent).

Additional resources

For more on pathogen-reduced pooled platelets, visit the OrbCon (Ontario Regional Blood Coordinating Network) website to view or download these resources developed by Dr. Jeannie Callum, director of transfusion medicine at Kingston Health Sciences Centre and affiliate scientist at Canadian Blood Services:

Autres ressources

Pour plus d’informations sur les plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes, allez sur le site Web du RRoCS (Réseau régional ontarien de coordination du sang). Vous y trouverez les ressources suivantes, élaborées par la Dre Jeannie Callum, directrice du service de médecine transfusionnelle au Centre des sciences de la santé de Kingston et chercheuse affiliée à la Société canadienne du sang :

Citation

Blais-Normandin I, Tordon B, Anani W. Plaquettes extraites de la couche leucoplaquettaire à teneur réduite en agents pathogènes [Internet]. Ottawa : Société canadienne du sang; 2022 [cité le AAAA MM JJ]. Disponible à : https://profedu.blood.ca/fr/transfusion/publications/plaquettes-extraites-de-la-couche-leucoplaquettaire-teneur-reduite-en

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