FAQ : Information destinée aux professionnels de la santé concernant les plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes


REMARQUE : Cette présentation reflète les données disponibles au moment de sa publication. Elle porte uniquement sur les plaquettes mélangées traitées au psoralène (PMTP), dont la mise en circulation nationale se fait progressivement dans chacun des sites de distribution.
 

Généralités

1. Quelles sont les différentes caractéristiques des plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes (plus particulièrement des plaquettes mélangées traitées au psoralène ou PMTP) et des plaquettes non traitées?

Le tableau 1 ci-dessous vous montre les différentes caractéristiques. (Ce tableau est extrait du chapitre 19 du Guide clinique de la transfusion.)

Tableau 1 : Résumé des caractéristiques des PMTP et des plaquettes non traitées

Caractéristique du composant Plaquettes mélangées non traitées Plaquettes d’aphérèse non traitées Plaquettes mélangées traitées au psoralène (PMTP)
Volume unitaire moyen (ml) 317 223 184
Nombre de donneurs dans le composant 4 1 7
Volume plasmatique moyen (ml) 317 (environ 20 ml pour 3 donneuses + 257 ml de plasma d’un donneur de sexe masculin) 173 75 (environ 11 ml par donneur)
Numération plaquettaire approx. (x 109 plaquettes par litre) 1,069 1,493 1,363
Concentration plaquettaire approx. (x 109 plaquettes par litre) 339 333 251
Solution de resuspension Plasma Plasma Environ 60 % de solution additive pour plaquettes (PAS-E)
40% de plasma
Anticoagulant CPD ACD-A CPD
Analyses bactériologiques effectuées par la Société canadienne du sang Oui Oui Non
Délai typique entre le prélèvement de sang des donneurs et la délivrance du composant à l’hôpital Jour 3 Jour 3 Jour 2
Durée de conservation du composant (à partir du prélèvement de sang) 7 jours 7 jours 5 jours
Présence de lymphocytes viables Oui, irradiation requise pour les patients vulnérables Oui, irradiation requise pour les patients vulnérables Absence de lymphocytes viables, irradiation non requise pour les patients vulnérables

2. Quelle est la technologie utilisée pour obtenir des plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes? Comment fonctionne-t-elle?

Pour traiter les plaquettes, la Société canadienne du sang utilise la technologie d’inactivation des agents pathogènes INTERCEPT de Cerus. Cette technologie utilise un composé de psoralène (l’amotosalène) et l’illumination aux UV pour endommager de manière irréversible le matériel génétique présent dans les agents pathogènes, ce qui les rend inactifs.

3. Les plaquettes mélangées traitées au psoralène (PMTP) vont-elles complètement remplacer les plaquettes mélangées non traitées?

Dès que les PMTP sont mises en circulation dans un site de la Société canadienne du sang, les plaquettes mélangées non traitées actuellement utilisées cessent d’être produites sur ce site.

4. Les PMTP peuvent-elles être distribuées à mon hôpital avant leur mise en circulation dans mon site de production?

Oui, c’est possible. La Société canadienne du sang gère un stock national de plaquettes. Les hôpitaux peuvent donc recevoir des PMTP même si leur site local de la Société canadienne du sang n’a pas encore lancé la fabrication de ce produit plaquettaire.

5. Les plaquettes mélangées non traitées peuvent-elles être distribuées à mon hôpital après la mise en circulation des PMTP dans mon site de production?

Oui, c’est possible. La Société canadienne du sang gère un stock national de plaquettes. Les hôpitaux peuvent donc recevoir des produits plaquettaires non traités pour répondre à la demande, et ce, parallèlement au déploiement de la production des PMTP sur le sol canadien.

6. Les PMTP vont-elles remplacer les plaquettes d’aphérèse non traitées? Le stock de plaquettes d’aphérèse non traitées va-t-il être affecté?

Les plaquettes d’aphérèse non traitées resteront offertes. Toutefois, les plaquettes d’aphérèse non traitées, qui sont actuellement en suspension dans le plasma, seront mises en suspension dans une solution additive pour plaquettes (examen et approbation par Santé Canada en cours). La Société canadienne du sang prévoit également de réduire la teneur en agents pathogènes de la plupart de nos plaquettes d’aphérèse (examen et approbation par Santé Canada en cours). On parlera alors de plaquettes d’aphérèse traitées au psoralène (PATP).

7. Est-il possible de commander les deux unités de PMTP provenant d’une même unité mère?

Oui, une dose jumelée peut être délivrée à un hôpital s’il en fait la demande et si cette dose est disponible. Les plaquettes standard seront délivrées selon leur date d’expiration, sauf indication contraire.

8. Pourquoi la durée de conservation des PMTP est-elle limitée à 5 jours?

À ce jour, la technologie d’inactivation des agents pathogènes INTERCEPT est homologuée au Canada pour une durée de conservation de 5 jours. Cerus s’emploie activement à obtenir l’approbation de Santé Canada pour une durée de conservation de 7 jours.

9. Quelles sont les données collectées et analysées après la mise en circulation?

La Société canadienne du sang suivra de près l’évolution de la demande en produits plaquettaires, les éventuels gaspillages et tout changement dans le stock.

10. Quelles sont les informations contrôlées par Santé Canada quant à l’utilisation des plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes?

Il est prévu que Santé Canada évalue le nombre de leucocytes résiduels, le pH, la concentration plaquettaire, ainsi que les tests de stérilité à la date d’expiration.

11. Les PMTP étant en suspension dans un mélange de PAS et de plasma, les hôpitaux doivent-ils titrer les isoagglutinines?

Compte tenu de l’élimination d’environ 60 % de plasma et de l’ajout de la solution additive pour plaquettes (PAS), il y aura une baisse de la concentration en anticorps ABO. En revanche, la Société canadienne du sang ne peut rien garantir quant au titrage ABO des PMTP finales. S’ils le souhaitent, les hôpitaux peuvent utiliser un segment de la tubulure d’échantillonnage pour préparer un titrage.

Composants et administration

12. Les hôpitaux vont-ils devoir continuer à irradier les plaquettes non traitées (mélangées ou d’aphérèse) fournies par la Société canadienne du sang?

Les produits plaquettaires non traités (mélangés ou d’aphérèse) doivent être irradiés conformément à la pratique habituelle, en fonction de la situation clinique. La Société canadienne du sang continuera à fournir aux hôpitaux des composants plaquettaires non traités irradiés. Les plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes ne doivent pas être irradiées et peuvent être utilisées sans danger chez les patients nécessitant des composants sanguins irradiés.

13. Que vont devenir les plaquettes HLA et HPA compatibles?

Les plaquettes HLA et HPA compatibles continueront pour le moment à être fabriquées sans que leur teneur en agents pathogènes soit réduite. À l’avenir, la Société canadienne du sang prévoit réduire la teneur en agents pathogènes de la plupart de nos plaquettes d’aphérèse en stock (dont les plaquettes HLA et HPA compatibles). Les plaquettes dont la teneur en agents pathogènes n’est pas réduite resteront offertes pour certains patients, notamment les patients allergiques au psoralène. Lorsque les plaquettes d’aphérèse à teneur réduite en agents pathogènes seront mises en circulation, les commandes de plaquettes HPA compatibles non traitées devront être faites à l’avance

14. Peut-on réduire le volume d’une unité de PMTP?

Non, il ne faut pas réduire le volume d’une unité de PMTP avant une transfusion. La réduction du volume (centrifugation et élimination des surnageants) risquerait d’entraîner un agrégat plaquettaire en raison d’une surface trop importante par rapport au volume.

15. Peut-on obtenir des aliquotes à partir d’une unité de PMTP destinée à la transfusion? Quel est le volume résiduel minimal d’une unité de PMTP?

Oui, on peut obtenir des aliquotes tant qu’il reste un volume résiduel minimal de 135 ml dans le sac de plaquettes. Autrement dit, s’il reste 135 ml ou moins dans le sac de plaquettes, il n’est plus possible d’utiliser le composant plaquettaire ni d’obtenir des aliquotes.

16. Les composants plaquettaires non traités (mélangés ou d’aphérèse) ont-ils la même concentration que les PMTP?

Non, les composants plaquettaires non traités sont moins concentrés que les PMTP. La concentration finale des PMTP est environ 1,4 fois supérieure à celle des plaquettes mélangées non traitées (voir tableau 1).

17. La queue de l’unité de PMTP est-elle assez longue pour permettre le raccordement à un autre sac?

Oui. Une fois le bulbe retiré, la longueur de la tubulure restante est d’environ 8 cm. Cela devrait suffire pour raccorder un autre sac selon la soudeuse utilisée.

18. Un patient peut-il recevoir à la fois des plaquettes non traitées (d’aphérèse ou mélangées) et des PMTP pour ses besoins de transfusion?

Oui, les patients peuvent recevoir à la fois des plaquettes non traitées et des PMTP pour répondre à leurs besoins de transfusion.

19. La même tubulure peut-elle être utilisée pour les plaquettes non traitées (d’aphérèse ou mélangées) et les PMTP?

Oui, les PMTP et les plaquettes non traitées (d’aphérèse ou mélangées) peuvent être suspendues dans la même tubulure, à condition que la date d’expiration du tube ne soit pas dépassée.

20. Le temps de perfusion varie-t-il en fonction des différents composants plaquettaires?

Non. Les PMTP peuvent être transfusées au même débit que les plaquettes non traitées (d’aphérèse ou mélangées). Ce débit doit être conforme aux politiques de l’hôpital.

Utilisation clinique

21. Faut-il administrer une prémédication avant de transfuser une unité de PMTP?

Aucune prémédication n’est spécifiquement requise avant la transfusion de composants PMTP.

22. Quelle est, chez l’adulte, la dose de PMTP par rapport à celle des autres composants plaquettaires?

Chez l’adulte, un composant PMTP sera équivalent à un composant plaquettaire non traité (mélangé ou d’aphérèse).

23. Quelle est, chez le patient néonatal ou pédiatrique, la dose de PMTP par rapport à celle des plaquettes non traitées?

Chez les patients néonataux et pédiatriques, la dose recommandée pour une transfusion de PMTP et de plaquettes non traitées est indiquée dans la circulaire d’information de la Société canadienne du sang.

24. Les PMTP peuvent-elles être administrées aux nourrissons traités par photothérapie?

Les PMTP ne sont pas indiquées pour les nouveau-nés subissant une photothérapie à l’aide d’un dispositif émettant un rayonnement d’une longueur d’onde d’énergie maximale inférieure à 425 nm ou présentant une longueur d’onde d’émission minimale inférieure à 375 nm, du fait du risque d’érythème résultant de l’interaction entre la lumière ultraviolette et l’amotosalène. La photothérapie à lumière bleue/verte à des longueurs d’onde maximum de 450-460 nm est la norme de soins actuelle pour le traitement de l’hyperbilirubinémie néonatale au Canada.1

25. Les PMTP peuvent-elles être administrées aux patients subissant une photochimiothérapie extracorporelle (PCE) ou une photothérapie PUVA?

Après la transfusion d’un grand volume de plaquettes dans un cas de PCE ou de puvathérapie, il y a un risque théorique d’inactivation des globules blancs si le patient est exposé à une longueur d’onde d’énergie maximale inférieure à 425 nm ou à une longueur d’onde d’émission minimale inférieure à 375 nm. Aucun cas de préjudice n’a été signalé.

26. La numération plaquettaire corrigée (CCI) devrait-elle être la même après une dose de PMTP?

Les données actuelles semblent indiquer que la CCI des PMTP est plus faible que celle des plaquettes non traitées. Seuls 7 % des patients atteints d’un cancer hématologique et ayant reçu des plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes ont eu besoin de transfusions de plaquettes supplémentaires par rapport aux patients ayant reçu des plaquettes non traitées.2

27. L’augmentation du nombre de donneurs pour les PMTP va-t-elle amplifier l’allo-immunisation anti-HLA?

Non, les données actuelles ne semblent pas indiquer de risque d’augmentation de l’allo-immunisation anti-HLA. Il existe des données contradictoires quant aux taux d’allo-immunisation en raison des différentes manières de préparer les plaquettes à teneur réduite en agents pathogènes et des technologies utilisées dans les essais cliniques. Dans l’ensemble, il ne semble pas y avoir de changement du taux d’allo-immunisation avec les plaquettes INTERCEPT.3

Références

  1. Barrington KJ, S.K., Canadian Paediatric Society, Fetus and Newborn Committee. Guidelines for detection, management and prevention of hyperbilirubinemia in term and late preterm newborn infants (35 or more weeks' gestation) - Summary. Paediatr Child Health 12, 401-418 (2007).
  2. Estcourt, L.J., Malouf, R., Hopewell, S., et al. Pathogenreduced platelets for the prevention of bleeding. Cochrane Database of Systematic Reviews 7;7, (2017).
  3. McCullough, J., Vesole, D.H., Benjamin, R.J., et al. Therapeutic efficacy and safety of platelets treated with a photochemical process for pathogen inactivation: the SPRINT Trial. Blood 104, 1534-1541 (2004).