Culot globulaire O négatif – Utilisation et gestion des réserves

Quels sont les défis?

  • Population générale : environ 6 à 7 % de la population est du groupe O négatif
  • Donneurs de sang total de la Société canadienne du sang : environ 10 % sont du groupe O négatif
  • Besoins des hôpitaux : environ 12 % des commandes de culot globulaire concernent le groupe O négatif

Malgré l’optimisation de l’utilisation du culot globulaire dans les hôpitaux, la gestion des réserves de ce composant sanguin reste un défi compte tenu des besoins des hôpitaux et du nombre limité de donneurs réels et potentiels. En juillet 2014, nos agents de liaison ont demandé aux 20 plus gros utilisateurs de culot globulaire O négatif de nous transmettre leurs bonnes pratiques pour une utilisation et une gestion efficaces de cette ressource précieuse et limitée.

Nous remercions tous les hôpitaux qui ont répondu et sommes heureux de vous présenter ici leurs bonnes pratiques.

Bonne pratique no 1 : Mettre en place une politique pour les patients présentant une hémorragie et au groupe sanguin inconnu                                       

  • Déterminer le groupe sanguin et le rhésus des blessés à leur arrivée à l'Urgence.
  • Transfuser du culot globulaire O positif aux patients de sexe masculin victimes d'un traumatisme ou d'une hémorragie, peu importe leur âge, en attendant que le groupe sanguin soit déterminé, sauf pour ceux qui possèdent des anticorps anti-D.
  • Déterminer un âge maximal de procréation pour les femmes qui accouchent dans votre établissement (Bhella S. et coll., 2012). En attendant que le groupe sanguin soit déterminé, transfuser du culot globulaire O positif aux femmes victimes d'un traumatisme ou d'une hémorragie dont l'âge est supérieur à l’âge maximal de procréation (sauf celles qui possèdent des anticorps anti-D).
  • Mettre en place une politique prônant la transfusion aux patients de sang du même groupe sanguin que le leur une fois celui-ci connu.
  • Mettre en place une politique prônant l’utilisation de culot globulaire Rh positif pour les patients Rh négatif atteints d’hémorragie, sauf ceux qui possèdent des anticorps anti-D. Définir à partir de quel moment le changement doit être fait et indiquer si le directeur médical doit être consulté à chaque fois.

Bonne pratique no 2 : Mettre en place des politiques favorisant une gestion optimale des réserves

  • Garder en réserve une combinaison de culot globulaire O négatif et positif (hôpitaux de campagne)
  • Réévaluer les niveaux optimaux des réserves régulièrement ou après l'introduction de changements organisationnels ou cliniques, notamment ceux qui engendrent une réduction de la demande de culot globulaire. Aviser sans délai le centre local de la Société canadienne du sang de tout ajustement.
  • Transfuser les unités les plus anciennes en premier, à moins de restrictions liées à des particularités cliniques.
  • Toujours commander des unités d'un groupe précis pour les patients ayant des anticorps anti- érythrocytaires. Utiliser les produits de substitution Rh négatif seulement s'il est impossible d'obtenir du culot globulaire du même groupe sanguin que celui du patient à la date prévue de la transfusion. Aviser immédiatement le centre local de la Société canadienne du sang de toute difficulté à trouver des produits à antigène négatif, en particulier pour les patients nécessitant des transfusions régulières.
  • Diminuer la quantité d’unités réservées à des patients donnés en réalisant des épreuves de compatibilité croisée à la demande ou électronique, des typages sanguins et des dépistages, et en mettant en place un protocole standardisé d'ordonnance de produits sanguins en chirurgie.
  • Libérer les unités réservées à un patient donné après 24 h ou dès que le besoin n’existe plus, et rendre ces unités disponibles pour les patients présentant des anticorps anti- érythrocytaires.
  • Partager les réserves entre hôpitaux affiliés.
  • Assurer le suivi des transfusions de sang Rh négatif administrées aux patients Rh positif.
  • Surveiller les unités qui approchent de la date de péremption et, en dernier recours, les transfuser à des patients Rh positif afin d'éviter le gaspillage, ou encore les donner à des hôpitaux voisins plus gros, où le risque de péremption est moins grand. Assurer le suivi et l'examen des épisodes de redistribution et, si ces épisodes deviennent trop fréquents, ajuster les pratiques de commande auprès de la Société canadienne du sang.